What’s up Doc?

Préambule : Dans les cultures qui me sont familières, il y a une ou plusieurs expressions pour inciter à la modestie. En gros, à laisser autrui faire l’apologie de nos exploits. Un trait de caractère provenant probablement de nos plus lointains ancêtres. Le monde a bien changé, la recherche scientifique aussi. Ce post est une autopromotion éhontée complètement assumée.

Alors, quoi de neuf?

Non, je ne vous présente pas ma dernière ligne de smartphone. Je viens d’être publié dans une revue scientifique. Si vous n’avez aucune idée de ce que cela peut signifier, comprenez que la Publication est la validation ou l’acceptation par la communauté d’une découverte scientifique. Comme un Christophe Colomb à la découverte de nouveaux mondes, le scientifique appose sa signature sur un phénomène qui jusqu’à lui était incompris, inexpliqué, inexploité. La frontière de la connaissance humaine s’agrandie un peu plus. Un jour, nos descendants apprendront ces connaissances à l’école, et pousseront à leur tour les frontières.

Petite parenthèse sur l’école, le travail publié faisait déjà partie d’un cours de Bio-informatique aux étudiants de Master de l’USTTB. Le choix est stratégique : l’étudiant participe activement à l’analyse des données et à la réflexion sur un phénomène qui ne fait pas encore partie du savoir commun. L’enseignant se fait flatter et s’expose en même temps aux critiques. Les étudiants sont les premiers à trouver des failles.

Ici, je vous avais brièvement décrit que les bactéries étaient capables de s’échanger des fragments d’ADN. Le phénomène est connu depuis des décennies. Vous prenez deux populations de bactéries séparées : la première capable de survivre en présence d’antibiotiques et deuxième non. Mises ensembles, toute la colonie devient résistante au bout de quelques heures. Solidarité entre bactéries ? Si vous voulez. Le phénomène est fascinant et terrifiant en même temps. Les bactéries résistantes ont donné aux non-résistantes, les gènes ou les fragments d’ADN nécessaires pour rejoindre leurs troupes. Tout se passe sans perte dans l’identité génétique propre de celles qui donnent, ni de celle qui reçoivent, c’est presque gratuit. Ce processus contribue à la dissémination des gènes de résistances aux antibiotiques dans la nature et selon l’Organisation mondiale de la santé, « La résistance aux antibiotiques constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale, la sécurité alimentaire et le développement. » Notre sujet de recherche, du moins, celui pour lequel les fonds nous ont été attribué s’intitule « Bases moléculaire du transfert de gènes de résistances aux antibiotiques chez les pathogènes Gram-positifs ». Vous êtes toujours là ?

L’article publié dans Nature Communications décrit comment une molécule clé qui nous avais échappé jusque-là, reconnait spécifiquement le fragment d’ADN qui doit être transféré. L’article n’est pas volontairement indigeste à la lecture du citoyen moyen, nous sommes à la frontière même des connaissances de l’être humain et l’usage de termes spécialisés est nécessaires. Il en va aussi de la crédibilité des auteurs. Nous sommes de la même famille, on parle le même langage, on se comprend. Si, toi lecteur, tu fais partie de ma caste, l’article est open source, régales toi. Pour les autres, je vous ferai un autre post qui nous amènera de la démarche expérimentale et la genèse de la publication scientifique. D’autres billets sont disponibles ici et . Stay tuned !

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J’ai testé Teliman, un service de Moto-Taxi à Bamako

Préambule

Ce post est une revue indépendante. Je ne détiens aucune part dans la start-up Teliman et je ne reçois aucune compensation en retour. Par contre si Teliman souhaite me faire appel dans le futur, je serai à l’écoute et si conflit d’intérêt il y a, je ne manquerai pas de le déclarer.

L’idée du service

Les services de moto-taxis sont bien développés en Afrique de l’ouest et j’ai testé celui du Cameroun il y a quelques temps. Economique, rapide, mais pas toujours sûr à cause du danger inhérent à la moto. Je me demandais à quand un service similaire au Mali. Grace à Teliman, c’est fait. Petite start-up créée par des anciens Boursiers d’Excellence, le service est encore dans sa phase expérimentale, mais il y a du potentiel. J’ai vu passer plusieurs annonces sur les réseaux sociaux lors son lancement lancement. J’ai donc essayé Teliman pour en faire ma propre opinion.

Mon expérience

Les déplacements à motos dans Bamako sont considérés suicidaires par les bamakois eux-mêmes. Mais rester coincé dans les embouteillages n’est pas une bonne excuse pour rater des rendez-vous importants. Je me suis retrouvé ce jour sans moto et j’ai opté pour un taxi traditionnel pour le trajet domicile – premier rendez-vous de la journée qui était à Hamdallaye, non loin de Place de la CAN. Le trajet m’a couté 3000 Fcfa, avec des arrêts/détours le long du chemin pour prendre/déposer d’autres passagers. Pour le reste de la journée, j’ai opté pour Teliman.

La réservation

Pour réserver, il faut appelez la hotline au 91 68 99 11 ou aller sur la page Facebook pour trouver le contact. Un humain, pas un robot, demande la destination et le point de départ, puis vous assure que le pilote le plus proche va vous contacter. Quatre minutes, appel de ce dernier pour confirmer le point départ et me donne son temps d’approche estimé qui était de 30 minutes. La hotline prévoit un temps d’attente max de 45 minutes. Donc en horaire de pointe, il vaut mieux réserver à l’avance.

Premier trajet

Comme prévu, environ 30 minutes après ma réservation, ma moto arrive. Les Telimans reconnaissables facilement par le look des motos (Yamaha Crux, modèle indien debarqué en Afrique il y a quelques années pour se relancer) qui diffèrent de la très populaire “KTM Jakarta”, la tenue des pilotes et le casque supplémentaire au bras, réservé au passager. Je ne sais pas comment lui m’a reconnu, mais c’est un détail. Il vérifie le trajet à faire sur son smartphone et me demande si le prix fixé par la hotline me convenait (un peu plus de 500 Fcfa pour le trajet Hamadallaye – Badalabougou). Il me propose d’enfiler le casque sans vraiment me laisser le choix, à raison et nous voilà parti. Je n’ai pas eu temps de voir l’appli, mais le prix semble être fixé en fonction de la distance, donc pas de perte de temps à négocier un prix qui est déjà 2x moins cher qu’un Taxi, et potentiellement plus rapide.

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Premier déplacement avec Teliman, Bamako, Juillet 2018

Conduite souple et sans précipitation, le pilote maitrise. Temps total du trajet, 15 min. Nous sommes passés par des rues dont j’ignorais l’existence. Mais le chemin ne m’a pas semblé plus long que d’habitude. Une fois à destination, je paye la course. Il manquait quelques francs pour faire le change exact, mais je lui laisse la différence. J’ai déjà fait une bonne affaire.

Deuxième trajet

Content de mon premier voyage avec Teliman, je retente l’expérience pour rentrer à mon domicile (trajet Badalabougou – Boulkassoumbou) et cette fois en heure de pointe. Ayant enregistré le numéro Teliman dans mon répertoire, la réservation se passe comme précédemment, mais la moto était là en 20 minutes. Je n’étais pas exactement au point de rendez-vous et mon nouveau pilote m’appelle pour me prévenir qu’il m’attend au portail. Même procédure : destination, prix, casque et en route. Cette fois, mon pilote n’a pas pris le chemin le plus optimal (à mon gout) ou alors il a raté le carrefour. Je lui conseil le chemin à prendre et il accepte volontiers. Temps total du trajet, 35 minutes et environ 2000 Fcfa. Par contre, j’ai eu un peu mal aux fesses. Le taxi traditionnel m’aurait couté minimum 3000 Fcfa, mais aurait été un peu plus confortable, vue la longueur du trajet.

Le verdict

Le service reste encore anonyme, mais la start-up en est encore à ses débuts. Les points forts sont le prix et la rapidité, mais plutôt pour des trajets courts et pour se déplacer dans le centre-ville et les alentours. La moto n’est pas le moyen le déplacement le plus sûr, surtout à Bamako, mais les deux pilotes que j’ai eu furent extrêmement prudents dans leur conduite. Une application pour l’usager serait la bienvenue afin de faciliter les réservations et suivre en temps réel l’approche de la moto. Le temps d’attente peut sembler long, mais qui peut se targuer d’arriver à l’heure aux rendez-vous à Bamako ?

 

 

 

Une question de patriotisme

Vous êtes-vous déjà demandé si vous étiez un bon patriote ? Un patriote tout simplement, celui qui aime son pays au point de mourrir les armes à la main? Comment définir un patriote dans notre monde moderne ? Aujourd’hui, quand on en a marre, ou peut bouger, voyager, partir sur un coup de tête. Tiens, si j’allais vivre au Vietnam , au Canada, en Chine ou en Allemagne pendant un an ? Certains partent et ne reviennent jamais. La vie n’est-elle pas un éternel recommencement? Le monde d’aujourd’hui est mobile. Les avancées technologiques contribuent à rendre la notion de patriotisme obsolète. On peut être fière de sa voiture japonaise fabriquée en Indonésie, de sa montre suisse venue de Chine ou son couteau français fabriqué on sait où. Comment inculquer un patriotisme quelconque à des enfants nés australiens, qui sont maliens par leur père et français pas leur mère ? Un précieux mélange qu’il vaut certainement mieux cultiver. Un panachage de cultures est un avantage certain, une ouverture vers les autres dans un monde où la peur de l’autre demeure un instinct naturel.

L’Australie est un pays d’immigration. En évitant tout délit de faciès et sans égratigner les sensibilités des uns et autres, il suffit quelques minutes en sortant de chez soi pour se rendre que vous êtes peut-être dans l’un des pays les plus multiculturels de la planète. Il n’est pas rare d’entendre rencontres la fameuse question : d’où venez-vous ? Je trouve cette question limite irritante car elle cache une forme « casual racism » (racisme involontaire ou racisme subconscient). J’accorde de l’importance aux mots, beaucoup trop parfois, mais c’est important d’être précis. Je réponds donc : pouvez-vous être plus spécifique ? Vous voulez savoir où j’habite, où je suis né, où j’ai grandi ? Qu’entendez-vous exactement par d’où venez-vous ? Ha, c’est juste du small-talk pour initier la conversation ? OK, Pourquoi ne pas commencer par une autre question alors ?

Sur une population estimée à 24.4 millions d’habitants, presque que la moitié (49%) [1] est née ou descend d’un parent né hors du pays. Et comme certaines nationalités sont automatiquement acquise par filiation ou par descendance, il n’est pas étonnant que beaucoup de citoyens australiens possèdent une double nationalité, et parfois même à leur insu. La double nationalité ne pose pas de problème, j’en profite moi-même pour passer certaines frontières.

Ce qui me surprend, c’est la naïveté des politiciens qui viennent seulement de se rendre compte que certains ministres, sénateurs et députés possédaient une double nationalité australo-autrechose. La section 44 (i) de la constitution australienne interdit à tout élu de posséder toute autre nationalité, ou de jouir des droits et privilèges d’une nation souveraine autre que l’Australie. Ainsi, certains des élus dans le cas sus-mentioné, n’avaient soit, pas renoncés à leur seconde citoyenneté, ou alors ignoraient tout simplement qu’ils étaient citoyen d’un autre pays. Une règle qui est compréhensible mais qui reviens à la question du patriotisme. Cette section de la constitution servait peut-être à pour limiter les conflits d’intérêt. Mais l’ironie dans tout ça, savez-vous qui est le chef d’état de l’Australie ? Cet article décrypte sarcastiquement cette loi, pour en arriver à la conclusion qu’en appliquant strictement la condition stipulée par la section 44 (i) de la constitution, plus personne ne serait éligible au parlement australien.

En creusant un peu, il est donc possible de se rendre compte les binationaux ne soient pas des cas isolés au sein de la famille politique australienne. Mais ne creusons pas trop quand même, il y a des problèmes bien plus importants à régler. Et la place des natifs australiens dans la constitution, eux dont les ancêtres sont arrivés il y a près de 50 000 ans ?

[1] Australian Bureau of Statistics.

Facebook down! Qui veux en parler?

Avez-vous remarqué que vos amis-Facebook au Mali étaient tous devenus silencieux ?

Depuis le Vendredi 17 Juin 2017, les maliens n’ont plus accès à certains réseaux sociaux dont Facebook et j’ai l’impression que c’est normal. Les gens à Bamako trouvent ça normal ! Certains parlent de problèmes techniques qui coïncidèrent avec le début manifestations contre la réforme de la constitution. D’autres disent tout simplement « ils ont coupé ». Mais qui a coupé Facebook ? A-t-on le droit de juste « couper » les réseaux sociaux ? Que devient la liberté d’expression. Qui en parle ? Personne ne s’en inquiète ?

Un projet de réforme qui divise.

Réforme nécessaire selon les uns, dérive vers un président monarque pour les autres. Principal argument du pour, « il faut revoir les textes constitutionnels pour permettre l’application de l’accord de paix et de réconciliation d’Alger, signé par le gouvernement malien et les groupes armés du Nord.»

Le principal point qui divise, « le projet de Constitution offre la possibilité de procéder à une révision constitutionnelle par voie parlementaire à la demande du président de la République. », sachant que le président nomme lui-même le tiers de ces membres.

Comment organiser un referendum dans un pays divisé et où l’état d’urgence vient d’être prolongé jusqu’à fin Octobre 2017 ?

Google Maps à Bamako?

A Bamako, bien qu’il soit quasiment impossible de trouver une maison en cherchant Rue X, Porte Y, dans le Quartier Z, Google Maps fonctionne parfaitement

Supposons que devez rendre visite à votre tante Diami, qui habite vers le marché de Boulkassoumbougou. Vous avez suivi les explications de maman à la lettre; vous êtes passé près du petit terrain où les gamins jouent au foot et la mosquée est toujours là. Malheureusement, l’arbre dont elle faisait référence après le gros pneu au carrefour a disparu. Vous demandez donc votre route aux jeunes qui boivent du thé. Le vers est suffisamment précis pour trouver tata, car elle habite le quartier depuis plus 40 ans et tout le monde la connaît. Il vous suffit de trouver le marché. Et si ce n’est pas aussi simple ?

L’astuce avec Google Maps :

Cousin Hamidou a un téléphone intelligent et il sait se servir de Google Maps.

Dans l’application, il fait tomber une épingle sur la maison ; cela aurait pu être sa position actuelle.IMG_1737Il clique sur l’épingle et m’envoie le lien par sms.

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J’ouvre le lien qui lance automatiquement l’appli. Je lance la navigation et voilà !

Bien que les rues ne soient pas indexées (à l’européenne), la navigation et la carte sont suffisamment précises pour trouver cousin Hamidou, et la maison de tata Diami.

Si vous utilisez l’exemple ci-dessus, pensez a prendre des cacahuètes. Ma mère vous offrira un dabileni et ma sœur vous fera goûter son thé.

Les Boursiers d’Excellence: enfants gâtés de la République.

Le reportage diffusé sur l’état actuel des bourses d’excellence de Mali fait couler beaucoup d’encre sur les réseaux sociaux et ce, par les intéressés eux même (lien vers la vidéo). Ce programme est-il un échec? Bien qu’il soit trop tôt pour tirer de conclusions définitives, je ne reste pas insensible à certains points soulevés au fil des commentaires.

Les discussions autour du suivi et du retour des boursiers n’a pas commencé aujourd’hui. Ces boursiers d’excellence sont les enfants gâtés de la République. Suite à un parcours remarquable au secondaire, de très bons résultats au Baccalauréat, puis un concours de sélection rigoureux, les récipiendaires sont arrachés de force à leurs familles puis envoyé en France poursuivre des études supérieures dans des filières qu’ils ont choisies. Ils sont  allaités au sein de la mère patrie jusqu’à leur majorité intellectuelle (minimum Bac +5 pour la plupart). Mais ça ne suffit pas apparemment, il faudrait aussi les prendre par la main et leur donner un travail? Il ne manquerai plus que le gouvernement trouve des gens pour faire le job a leur place… A croire que l’étiquette “Boursier d’Excellence” doit être adjointe au titre Mr/Mme comme une distinction indélébile. Peut-être se sent-il différent? supérieur aux autres? Mais est-ce de sa faute?

Certains de ces boursiers ont fréquentés les meilleures écoles françaises (Polytechniques, Centrale, etc.). Avez-vous été admis dans ces écoles simplement grâce a l’étiquette Boursier d’Excellence? NON. Pourquoi l’ex-Boursier d’Excellence devrait-il jouir d’un traitement spécial à l’issue de sa formation? Qu’advient-il du non boursier, diplômé de la même école ou université?

Les opinions divergent et chacun a droit à la sienne. Voilà mon avis sur quelques points soulevés au fil des commentaires. Je tiens a préciser que mes commentaires se sont pas à charge:

-Excuses bien ou mal fondées? Pourquoi chercher des excuses si on a rien à se reprocher?

-Ma formation n’a pas de débouchés au Mali. Pas de problème, on attend que d’autres personnes viennent ouvrir ces opportunités. On pourra se plaindre que les occidentaux dirigent tout à notre place. Orange Mali n’est-il pas un bon exemple?

Tout le monde n’aspire pas a l’enseignement. Monsieur Cissé est trop catégorique concernant l’insertion des boursier dans l’enseignement. Je peux apporter une précision la dessus car j’ai discuté avec Mr Cissé la semaine dernière. L’un des objectif du programme est que les boursiers ainsi formés dans les meilleurs écoles/université à l’étranger viennent à leur tour former d’autres jeunes au pays qui n’ont pas eu la chance de partir. Cela ne sous entend pas forcement de devenir enseignant, mais de pouvoir partager les connaissances acquises. Trainis, initiative d’un ancien boursier qui a depuis longtemps déchiré son étiquette est un bon exemple. D’autres structures similaires devraient voir le jour. Il y a aussi ceux qui travaillent dans l’ombre et qui ne font pas de bruit. Ces “anciens”, qui justement ne sont pas fan de l’enseignement, participent pro bono à l’encadrement de stages d’étudiants de la faculté des sciences de Bamako.

Le tort est partagé. Personne n’est plus patriote que l’autre. Pourtant aucun boursier ne juge déraisonnable de toucher deux a trois fois le salaire d’un cadre A de la fonction publique malienne.

– (Les boursiers) Sont ils prêts à prendre les risques pour créer, pour innover et pour se faire entendre au Mali? Là est la vrai question.

Tandis que certains gagnerons confortablement 3, 4, 5000 euros par mois dans des entreprises créées par d’autres où ils resterons probablement anonymes, d’autres prendrons des risques pour bâtir quelque chose qui laissera peut-être (ou pas) un héritage dont ils pourront être fier.

La réinsertion de l’ancien boursier d’excellence commencera par une remise en question personnelle. Personne ne lui donnera ce qu’il ne mérite pas et on ne lui fera pas de cadeaux.

Poids des mots, soucis de sémantique

Un américain visite la France. Il tombe amoureux de ses villes, de son histoire, de ses femmes, de son vin, son de fromage, etc. Il décide de s’y installer. Il apprend le français, épouse une française et travaille dans une entreprise française. Ses enfants vont a l’école internationale où ils peuvent apprendre la langue paternelle, mais ça c’est un détail. Il s’est bien intégré à la vie française. Bref, c’est un expatrié.

Un malien rêve d’aller en France. Il parle déjà parfaitement le français, on lui a appris la langue à l’école et un peu son histoire. Il est tombé amoureux du pays car il veux fuir la misère que son quotidien. Il a vu d’autres partir et qui ne sont jamais revenus. Il aime aussi son vin, son fromage et ses femmes. Il s’y rend, le comment importe peu ici. Il épouse une française, mène une vie paisible et ne cause de problème à personne. Bref, il s’est intégré à la société française. Mais attention lui, c’est un immigré.

C’est là que j’ai un problème. Intervertissons les deux premières phrases de ces paragraphes, l’histoire est la même. Cependant dans nos bouches ou dans la manière dont on perçoit ces deux personnes, l’immigré n’est pas l’égal de l’expatrié.  Pourtant mon ami Larousse dit bien:

Expatrié: Personne qui a été expatriée, qui s’est expatriée (parti loin de sa patrie). Se dit d’un salarié qui exerce son activité dans un pays autre que le sien.

Immigré: Qui a quitté son pays d’origine pour s’installer dans un autre pays.

Où est la différence? On entend souvent “Alexandre, expat’ installé à Singapore, Sydney ou Los Angeles…” Et jamais “Mamadou, expatrié sénégalais vit à Paris depuis 10 ans mais plutôt “Mamadou, issue de l’immigration…”

Un sondage établi que 56% des français sont opposés à ce que la France accueille une part des migrants, notamment provenant de Syrie.

Oh, ne vous inquiétez pas chers français (opposé à leur accueil), ils ne veulent pas venir chez vous. Non, ils veulent aller en Allemagne. Là-bas, on les appelle des réfugiés.

Lire: « Migrant » ou « réfugié » : quelles différences